Salernes - le développement de la commune - deuxième partie
Par Thierry le lundi, 4 décembre 2006, 16:32 - Salernes - Lien permanent
Alorsj je vais continuer quelque peu l'explication sur le fonctionnement et le développement de la commune de Salernes, toujours d'après la notice historique de l'Abbé Saglietto.
En 1671, la commune obtint, après de longues négociations, de louer fours et moulins banaux moyennant une pension annuelle de 2.331 livres.
La plupart des prérogatives du seigneur de Salernes diminuèrent donc fortement d'années en années jusqu'à la substitution des Galéan des Issarts aux Castellane. En 1683, le seigneur de Salernes, devenu marquis, tenta d'imposer la prestation du serment d'hommage de la part du conseil en lieu et place des habitants. Après consultation d'avocats réputés, le conseil passa un compromis avec le seigneur, installant dans l'église un ban pour ses officiers, déchargeant le conseil communal de la prestation d'hommage, mais reconnaissant cependant qu'il pouvait être exigé des particuliers.
En 1691, la commune, après de longues années de discussion, parvint a racheter toutes les banalités pour le somme de 46.000 livres, montant important qui conduisit bien sur une augmentation d'impôts conséquente pour les habitants.
Mais, en 1761, quand Mme de Galéan proposa à la commune de lui vendre le marquisat de Salernes pour 400.000 livres, le conseil ne put que décliner l'offre qui, d'après d'éminents avocats d'Aix, était largement surrestimée.
Il faut savoir que le budget de la commune était grevé de charges dont les principales étaient :
- les impôts de l'affouagement, de la taille et du subside dus à l'Etat.
- les droits féodaux et pensions des privilèges dus au seigneur,
- les gages des officiers et employés nécessaires à son fonctionnement,
- les frais de députation,
- les frais d'entretien et de réparation des immeubles communaux.
En contrepartie, la commune bénéficiait de recettes propres comme :
- la taille générale due par le sol, et qui portait sur tous les biens inscrits sur le livre terrier,
- des prélèvements en nature ou de leur équivalence monétaire, appelés sizains, dizain ou quinzain,...
- du fermage des droits acquis comme ceux des fours, des moulins, ou de certains monopoles tels que ceux de la boulangerie ou de la boucherie.
Parallèlement, les communes créaient des augmentations de ressources en établissant sur leur territoire des industries comme des tuileries, des tanneries, des papeteries, ... A Salernes, il y avait par exemple une fabrique de draps.
Un autre revenu pour la commune de Salernes était la pension annuelle que Sa Majesté délivrait à la ville suite à la somme fournie pour la rançon de François 1er quand il fut fait prisonnier à la bataille de Pavie en 1525. Ce versement qui faisait la fierté de la commune fut perçu jusqu'à la fin du XVII° siècle.
Les finances de la commune connurent une progression régulière au fil des ans et des siècles, excepté en de rares occasions comme :
- durant les guerres de religion où les armées en campagne prélevèrent d'importantes contributions, forçant la commune à emprunter,
- pendant le règne de Louis XIV lorsqu'elle acheta l'office de maire et de courtier royal.
En matière de population et de son évolution, il semble que la commune connut une progression quasi constante. Les 3.000 âmes avaient été dépassées vers le milieu du XVIII° siècle et le nombre de naissances progressait lui aussi constamment. Le nombre de décès était toujours d'un niveau inférieur, excepté en de rares occasions comme lors des épisodes de peste de 1719 où la maladie fit 187 victimes et de 1720 où il y eu 136 malades qui succombèrent.
Et pour terminer, je vais vous faire part des principaux voeux formulés par les salernois dans les cahiers de doléances dressés en mars 1789 et signés par 178 citoyens se préoccupant de l'avenir de la Nation :
- réforme du Code,
- suppression de certains tribunaux,
- faculté à tous les citoyens de concourir aux charges de l'Etat,
- modération dans le prix du sel,
- convocation générale des trois ordres de la Provence pour réformer la constitution du pays,
- l'admission aux Etats des gentilshommes sans fief et des memebres du clergé de deuxième ordre,
- l'égalité des contributions pour toutes charges royales et locales,
- la suppression de la dime en offrant de payer curés et vicaires,
- la suppression de la justice seigneuriale,
- le pouvoir de racheter les droits et pensions féodales,
- la liberté de chasse, de pêche et de la presse,
- ...
Et voila c'en est terminé pour cette fois de l'histoire déjà ancienne de Salernes.