Toutes les mères de famille se ruent au volant de leur voiture vers le centre-ville de Lorgues, petit village du Var, se garent en double file de chaque côté de la rue, pour être bien sur que personne ne puisse passer ni dans un sens ni dans l'autre, sortent comme des furies de leur voiture en laissant le moteur tourner (là c'est Nicolas Hulot qui ne serait pas content s'il savait ça), la portière restant grande ouverte bien sur afin d'encore mieux géner la circulation, reviennent en courant en tenant leur progéniture par le bras, par la capuche ou par la manche car le gamin a du mal à suivre, poussent leurs colis sur le siège arrière sans la plupart du temps vérifier si les ceintures sont mises, claquent la portière en vous faisant un sourire mielleux et isnupportable du genre de celui du chef-adjoint Johnson dans "The Closer", et repartent toujours comme des furies vers leur domicile. Ce bref résumé ne s'applique bien entendu que dans le meilleur des cas, le pire pouvant survenir brusquement et de fort sournoise façon si la maman voit tout d'un coup une autre maman avec qui il lui prend une envie de parler aussi forte que celle de pisser. Car dans ce cas de figure, Mèmère pile au milieu de la route, hèle sa congénère, penche sa tête dehors pour lui faire la bise et c'est parti, ça papote en vous ignorant royalement, vous qui êtes juste derrière sa voiture et qui n'avez absolument pas mérité cela.

Des fois, j'ai des envies de meurtre, ou j'aimerais bien avoir un énorme 4x4 genre Hummer pour passer la première courte et pousser madame tout doucement pour lui faire comprendre que la route c'est fait pour rouler, pas pour raconter la poussée de fièvre du dernier ou les parties de jambes en l'air du voisin du dessus avec le père du petit Paul.

Mais surtout, ce qui m'énerve le plus, c'est que ces braves dames pourraient se garer un tout petit peu plus loin là où cela ne gène personne, et faire quelques dizaines de mètres à pied, ce qui éviterait qu'elles entravent la circulation, ce qui leur ferait aussi le plus grand bien en contribuant à la maîtrise de leur culotte de cheval et ce qui leur éviterait des situations stressantes préludes à ulcères...

Et cela éviterait aussi de voir des gamins courir de partout sur la route, passer à ras des voitures sans rien regarder... Mais ce rêve, cette utopie, ce fantasme ne pourra sans doute jamais se réaliser, sauf peut-être le jour où un gamin se fera écraser...

Mais cela doit quand même être du domaine du possible (qu'il y ait moins de bordel, pas qu'un gamin se fasse renverser) car à Salernes par exemple, il n'y a pas tout ce chantier à la sortie des écoles.