A l'ombre et cela lui plait
Par Thierry le samedi, 10 mars 2007, 16:32 - insolite - Lien permanent
En ce jour de grand soleil provencal, je suis tombé sur cette dépêche de l'AFP nous parlant du refus de sortir de prison d'un détenu allemand de 71 ans. Il faut quand même dire qu'il doit s'y trouver plutôt bien, car il y a quand même passé 53 ans sur les 54 dernières années... Bonne performance.
Et avec si peu de temps passé dehors ces dernières décennies, je comprends qu'il ait peur d'être un peu déboussolé, avec ces gens qui courent de partout dans les rues en parlant tout seul, avec ces voitures qui ne font pas de bruit ou qui se garent toutes seules, avec ces façons bizarre de manger des espèces de sandwich dégoulinants de sauce rouge ou blanchâtre, ...
Au moins dans sa cellule, il n'a pas trop de questions à se poser et personne ou bien peu de monde pour l'embêter.
Et voici pour votre information ce que dit la dépêche :
BERLIN (AFP) - Un Allemand de 71 ans, qui en a déjà passé 53 ans derrière les barreaux, préfère rester en prison jusqu'à la fin de ses jours, de peur d'avoir à commencer une nouvelle vie, a-t-on appris vendredi auprès de la prison. "Il ne veut pas sortir", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la maison d'arrêt d'Aix-la-Chapelle (ouest de l'Allemagne), où est détenu Hubert Niemann.
Le septuagénaire pourrait, s'il le souhaitait, être transféré courant mars dans un établissement aux conditions de détention plus souples. Mais il ne le fera pas. "Je ne sais pas où j'irais si je sortais", a-t-il déclaré cette semaine au quotidien Süddeutsche Zeitung.
"Mes années difficiles en taule, elles sont derrière moi. Maintenant c'est plutôt un sanatorium", a ajouté Niemann, qui fut incarcéré pour la première fois en 1953, l'année de la mort de Staline à Moscou.
Le détenu, spécialiste de la récidive, a d'abord violé et tué sa soeur quand il n'avait que 17 ans. Dans les années 70, à la faveur d'une brève période de liberté, il a tenté de tuer sa mère, puis au début des années 1990 il a violé et étranglé une femme avant de l'achever à coups de pierre.
Sa cinquantaine d'années derrière les barreaux correspond à la somme de plusieurs peines auxquelles il a été condamné. En Allemagne, la prison à perpétuité, éventuellement assortie d'une peine de sûreté, se traduit dans les faits à un maximun de quinze années de détention.
"C'est la faute à pas de chance si je suis toujours retourné en prison", affirme Niemann, qui n'a plus fêté de Noël en liberté depuis 1952. Il remercie ses compagnons de cellule et le personnel pénitentiaire de l'avoir sauvé d'une attaque cardiaque à quatre reprises. "Dehors, j'aurais vécu seul, et j'aurais cassé ma pipe", conclut-il.''