Cela fait maintenant plus de 6 mois que je suis à Tarare pour le boulot, et ce soir, je me demande si je vais pouvoir y rester encore longtemps...

Je cherche en effet désespérement, depuis hier midi, à prendre un rendez-vous chez un médecin généraliste de Tarare, et je n'y arrive point. Ils sont tous débordés, me disent que leur salle d'attente déborde de monde, que les carnets de RDV sont plein comme des oeufs, et je n'arrive point à me faire soigner.

C'est la première fois, en 42 ans, que je me trouve confronté à une telle situation, et pourtant j'ai bourlingué un peu partout en France.

C'est dans ce genre de situation, où les médecins reconnaissent qu'ils sont débordés et ne peuvent faire face, que je me dis qu'une obligation quelconque d'installation en zone déshéritée, même à titre temporaire, pour des praticiens fraichement diplomés aurait quand même du bon.

La société, dans sa grande générosité, finance les études de ces gens pendant de très nombreuses années, et ne leur demande en contrepartie que de soigner, s'ils en ont envie, des gens là où ils en ont envie...

Du coup, bon nombre de ces carabins s'agglutinent en zones urbaines, ou dans des régions bénéficiant d'un taux d'ensoleillement et de personnes âgées et rentables intéressant, et les territoires plus industrieux et moins tentants pour les conjoints et la progéniture sont délaissés.

Mais bon je vais quand même persévérer demain, si mon état ne s'améliore pas, et essayer de trouver un docteur qui puisse me recevoir et me prescrire de quoi me soigner, faute de quoi je m'en irais faire un petit tour aux urgences, même si cette solution me déplait profondemment. (et oui car nous avons quand même la chance d'avoir, à Tarare, ville de 10.000 habitants, un service d'urgence, ce qui n'est pas si courant et risque de le devenir de moins en moins).

La seconde solution, c'est d'attendre ce WE, quand je serais retourné dans le sud pour le WE, et de voir mon médecin de la-bas, et de me faire soigner la-bas, et de ne revenir à Tarare qu'une fois que j'irais mieux, ce qui ne sera pas sans poser bien des soucis au niveau professionnel et que je préfère éviter tant que ce peut.

Je comprend mieux maintenant pourquoi certaines personnes que je croise à titre professionnel sont dans une détresse réelle au niveau de la santé, car, pour se faire soigner, il faut le vouloir, ou peut-être faire preuve d'un culot que, dans ce domaine, je n'ai point, comme par exemple de se planter dans une salle d'attente et de n'en partir qu'avec une prescription à la main.

Suite au prochain épisode, car il est déjà 21h30 et je décline, donc il va être l'heure de faire dodo, ce qui me surprend moi-même, car aller au lit de si bonne heure, ce n'est point dans mes habitudes...